JAZZ VIVANT (par Richard Kraeher)

BOPSTER au Contretemps le 4 mars 2011

L’aile du “Bird” (j’espère que tous ceux qui nous lisent savent qu’il s’agit évidemment de Charlie Parker !) planait sur le Contretemps ce soir-là. Oh! rassurez-vous, juste quelques plumes, mais son bec était bien là (enfin pas l’original !). Oui vous savez, celui du saxophone alto blanc caractéristique de marque “Brilhart” qu’utilisait le Maître et que Maurizio Bionda affectionne tout particulièrement pour interpréter cette musique intemporelle issue du répertoire des géniteurs du Bop et de leurs divers “enfants”.La réunion”multicantonale”, du BOPSTER venant du Tessin par Danilo Moccia, de Lausanne par Cédric Gysler, de Bienne par Luigi Galati et de Genève par Evariste Perez et Maurizio Bionda (bien que ce dernier vivait à Locarno avant d’adopter notre ville depuis de nombreuses années) reflète parfaitement ce que le jazz peut avoir de fusionnel.

Pour parler musique, ce quintet robuste à souhait nous a régalés par sa dynamique et son feeling (les thèmes utilisés demeurant à jamais des catalyseurs et des propulseurs pour musiciens qui les perpétuent).

Le jeu de Danilo Moccia n’est plus à faire, tant il nous I’a prouvé lors de ses multiples prestations en nos murs : clarté du langage toujours volubile, vélocité des grands et superbe sonorité de trombonesur toute l’étendue (et au-delà) de son instrument, qui ne semble pas le seul puisque nous avons pu I’entendre au piano lors du sound-check, avant le concert.

Maurizio Bionda fait plaisir à voir et à écouter par son éternel enthousiasme et sa fidélité pour cette musique qu’il ressent profondément: son petit côté fétichiste pour les vieux saxophones d’origine retapés et les accessoires de légende a quelque chose de touchant et il en use avec la maestria et la générosité des gens caractéristiques “de la botte”.

La rythmique est souveraine avec le pianiste Evariste Pérez (bien connu des milieux jazzistiques locaux et alentours, mais que j’ai appris à mieux connaître ce soir-là) au jeu plein et délié gorgé de lyrisme, par le soutien discret mais diablement efficace et profond du contrebassiste Cédric Gysler et le “druming” de Luigi Garati (encore un (rital pas assez connu…) qui m’a littéralement emballé par la façon dont il fait chanter ses tambours et cymbales, si doucement (rare au contretemps…) mais avec une teile intensité que l’on ressent sans cesse le feu qui couve tout au long du concert, apportant l’énergie qui sied si bien à ses partenaires.

Pour conclure, encore une soirée enthousiasmante de plus (n’en jetez plus l) dans votre club pour les trop peu heureux auditeurs de la salle, encore ravie ce soir_là.

One More Time, Richard Kraeher, mai 2011

Association de des musiciens de Jazz de Genève —> Site AGMJ

 

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